Pour vivre heureux, François Fillon a vécu caché derrière ses sourcils pendant cinq ans. Pas une vague, il a évité (presque) toutes les polémiques : il a laissé cela à son agité de maître. Lui s’est bâti une image de gentil, de raisonnable, d’apaisé, de digne personnage.
Il a déclaré en arrivant à Matignon que la France était en faillite, puis il a géré le dépôt de bilan. Pendant cette campagne, pépère, il se montre le moins possible. Sauf mardi où, tranquillement, il a annoncé le chaos financier si d’aventure les Français ne votaient pas bien.
Sarko ou le chaos
Mardi lors d’un meeting à Versailles, il a annoncé une attaque immédiate des marchés financiers si François Hollande était élu Président le 6 mai :
« Pensez un instant à la situation au lendemain de l’élection si par malheur notre candidat ne l’emportait pas ! [...] Si jamais demain, au lendemain du 6 mai, la France remettait en cause cet engagement [pour la stabilisation financière, ndlr], si la France disait “non, je prendrai une année de plus ou je le ferai que s’il y a de la croissance”, à cette minute-là la spéculation contre la monnaie européenne reprendrait de plus belle, sauf qu’il n’aurait plus personne pour l’empêcher. »
De tels propos, de la part de monsieur Raisonnable, sont parfaitement irresponsables. Il est probable qu’un Président de gauche, s’il est élu, sera testé par les marchés : des tensions pourraient naître sur les taux d’intérêt français. Pourquoi exciter par avance cette spéculation, comme le fait Fillon, et prendre le risque d’une prophétie autoréalisatrice ? Ce n’est ni « digne », ni très patriote.
Ce n’est pas la première fois que la spéculation est ainsi convoquée en renfort dans une campagne électorale.
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