jeudi 12 avril 2012

Trois civils tués en Syrie malgré le cessez-le-feu


Un opposant syrien pose devant un immeuble détruit par l'armée à Homs, le 11 avril 2012.
Un opposant syrien pose devant un immeuble détruit par l'armée à Homs, le 11 avril 2012. Crédits photo : HANDOUT/REUTERS

Si l'armée syrienne semblait respecter depuis jeudi matin le cessez-le-feu fixé par le plan de l'émissaire de l'ONU, ses troupes ne se sont pas retirées des villes. Trois civils ont été tués par des forces de sécurité ou des miliciens pro-Assad.

Un cessez-le-feu mais de nouveaux morts en Syrie. Si, dans la matinée de jeudi, l'armée syrienne semblait respecter le cessez-le-feu prévu par le plan Annan, trois civils ont été tués jeudi selon le Conseil national syrien, un des principaux groupes de l'opposition syrienne. Un peu plus tôt, l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une ONG, parlait d'un civil tué dans la province de Hama sans pouvoir dire si ce civil avait été tué par des tirs des forces de sécurité ou par des milices pro-régime.
Si le régime syrien, qui réprime dans le sang la contestation depuis des mois, a suspendu ses opérations militaires jeudi matin, il n'a pas retiré ses troupes, comme l'exigeait le plan de l'émissaire de l'ONU.
Alors que le cessez-le-feu semble très fragile, le ministère syrien de l'Intérieur, cité par la télévision publique, a appelé jeudi les réfugiés ayant fui les violences à revenir au pays. Le ministère a également demandé à ces exilés syriens, environ 25.000 en Turquie et plus de 16.000 au Liban, d'«ignorer les publicités et informations mensongères» les empêchant de rentrer dans leur foyer.

Juppé souhaite l'envoi d'une «force robuste d'observateurs»

Le président des États-Unis, Barack Obama, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont souligné de leur côté la nécessité d'une action «plus résolue» du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie. Un appel des deux dirigeants alliés qui se sont inquiétés du fait que «le gouvernement Assad ne respecte pas les termes de l'accord négocié par Kofi Annan et continue à faire subir des violences inacceptables à son propre peuple». Mercredi, les États-Unis avaient déjà prévenu qu'ils jugeraient le régime syrien sur «ce qu'il fait, pas ce qu'il dit», Washington allant même jusqu'à estimer «peu, voire pas crédibles» les déclarations des autorités syriennes.
La France, elle, a souhaité que le Conseil de sécurité de l'ONU envoie en Syrie une «force robuste d'observateurs» pour vérifier le respect du cessez-le-feu. Si au contraire le régime de Damas n'appliquait pas cette mesure et que «Kofi Annan estime qu'il n'est plus en mesure de poursuivre sa mission», le Conseil de sécurité «devra étudier d'autres mesures», a souhaité Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères, sans en préciser la teneur.

Les forces syriennes restent déployées

Kofi Annan devrait justement s'adresser jeudi matin au Conseil de sécurité, par vidéoconférence depuis Genève, pour rendre compte de l'application de l'arrêt des combats alors même que les forces syriennes restaient massivement déployées dans certaines localités syriennes. L'opposition n'avait constaté aucune «accalmie» et fait part de nombreuses arrestations dans ses rangs.
Le régime de Bachar el-Assad a mené mercredi plusieurs opérations. L'armée syrienne s'est massivement déployée dans Homs, Deraa, Alep et Deir Ezzor. Onze civils ont péri, affirme l'OSDH. À la frontière turque, pour la deuxième fois cette semaine, des tirs des forces syriennes ont atteint tôt un camp de réfugiés cette fois sans faire de victimes. Une première volée de tirs lundi avait fait six blessés et tendu les relations entre Damas et Ankara.
Le gouvernement syrien avait déclaré mercredi qu'il se réservait le droit de répondre à toute agression et pourrait ainsi prendre prétexte des manifestations de l'opposition pour rompre le cessez-le-feu.

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