Comme tous les vendredis, l'opposition à Bachar al-Assad a lancé un appel à la mobilisation. Des dizaines de milliers de personnes y ont répondu. Une sorte de test pour les forces armées du régime, alors qu'au moins six civils ont perdu la vie. En dépit du plan Annan, chars et troupes sont toujours déployés dans les villes, bloquant en certains endroits les accès aux mosquées, point habituel des rassemblements avant les défilés.
La Russie souhaite une résolution allégée. Alors qu'il avait laissé entendre jeudi qu'il était favorable à l'envoi d'observateurs en Syrie, l'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, a déclaré ce vendredi qu'il restait «encore beaucoup de travail», éloignant l'espoir d'une action rapide. La Russie, dernier allié de Bachar al-Assad au Conseil de sécurité de l'ONU, «marchande sur chaque phrase» du texte proposé par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, a indiqué un diplomate assistant aux négociations. Vitali Tchourkine, qui reproche au texte d'être trop exhaustif, aurait souhaité une courte résolution pour «envoyer quelques hommes sur le terrain» mais pas un mandat exact de la mission. Pour les Occidentaux, il est nécessaire que legouvernement laisse la mission circuler «sans entraves et immédiatement» dans tout le pays et garantisse la confidentialité des communications des observateurs entre eux et avec le siège de l'ONU. Les deux précédents projets de résolution ont échoué après des vetos de la Russie et la Chine.
Six civils tués, selon une ONG. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) fait état vendredi soir de la mort de quatre manifestants tués par les forces de sécurité à Hama (centre), ainsi que dans les régions d'Idleb (nord-ouest) et de Deraa (sud). Deux autres civils ont péri, l'un dans la banlieue de Damas par des tirs des troupes et l'autre à Homs (centre) par des obus, selon l'OSDH. Deux militaires ont en outre été tués à Alep (nord) et Hama. De son côté, l'agence officielle Sana a fait état de quatre morts tués par des «groupes terroristes». Le cessez-le-feu a par ailleurs été mis à mal par des combats entre militaires et déserteurs dans la région d'Idleb, à la frontière turque, selon la même ONG basée au Royaume-Uni. Mais aucune victime n'est à déplorer dans cet accrochage. Jeudi, l'OSDH a fait état de 10 morts, dont sept civils. Un bilan qui marque une nette rupture avec ces derniers mois, au cours desquels plusieurs dizaines de morts étaient recensées quotidiennement.
Vidéo. Manifestation à Kernaz dans la province de Hama
(Vidéo YouTube diffusée par Al-Jazira)
Un million de Syriens manquent de tout. «Il est extrêmement important d'ouvrir la voie à une aide humanitaire massive aussi rapidement que possible», a déclaré le général norvégien Robert Mood, à la tête d'une mission technique de l'ONU, affirmant qu'un million de Syriens étaient privés de nourriture, de couvertures, d'eau. Mais il y a aussi un besoin de reconstruction. «Les destructions sont tellement importantes dans certaines de ces villes qu'écoles, cliniques, institutions publiques sont totalement démolies et doivent être reconstruites», a-t-il dit lors d'un point de presse. Il n'avait pas encore rejoint la Syrie ce vendredi. La Turquie a commencé à recevoir de l'aide internationale pour les réfugiés sur son territoire. Moscou, grand allié de Damas, va déployer «en permanence» des navires de sa flotte près des côtes syriennes, a indiqué l'agence d'Etat Ria Novosti.
Les Etats-Unis fournissent une «assistance matérielle» mais pas d'armes. Un haut-responsable américain a indiqué à l'AFP que Washington aidait les contestataires syriens : «Cette assistance, surtout des fournitures médicales et des appareils de communication, comprend des équipements dont l'opposition syrienne a indiqué qu'ils lui seraient utiles pour aider les civils dans le besoin et s'organiser face à la brutalité et la violence en cours de la part du régime».
«Il est probable que ces livraisons d'aide vont augmenter à l'avenir», a assuré ce responsable, précisant bien qu'il ne s'agit pas d'armes.
La France évoque une aide pour les réfugiés syriens en Jordanie. L'ambassadeur de France en Syrie, Eric Chevallier, s'est rendu vendredi à Ramtha dans le nord de la Jordanie pour «rencontrer des Syriens qui ont été contraints de fuir leur pays et leur témoigner de la solidarité de la France». Quelque 2 500 Syriens fuyant leur pays, dont des déserteurs de l'armée, sont arrivés cette semaine en Jordanie, selon l"Association du Livre saint et de la Tradition du prophète, une ONG jordanienne qui précise venir en aide à 25.000 réfugiés syriens dans le pays. Le haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) a pour sa part enregistré entre 5 000 et 8 000 réfugiés.
Turquie et Arabie Saoudite coordonnent leur politique. Le roi Abdallah d'Arabie saoudite et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, très critiques du régime de Damas, se sont concertés vendredi sur la crise syrienne. Ces deux pays sunnites sont sceptiques quant au respect du cessez-le-feu par Damas. Aussi examinent-t-il «les alternatives à un échec du plan de Kofi Annan», a déclaré le président du Gulf Research Center, le Saoudien Abdel Aziz al-Saqr. Parmi ces options, il a cité «une aide à apporter à l'opposition syrienne pour qu'elle puisse se défendre, y compris la possibilité de lui fournir des armes». Jeudi, l'Otan, l'Alliance atlantique à laquelle appartient la Turquie, a affirmé qu'elle prenait «très au sérieux» la protection de ses Etats membres.
Le plan Annan

VIDEO. Alain Juppé veut le déploiement d'observateurs en Syrie
VIDEO. L'ONU veut envoyer une mission technique en Syrie
La Russie souhaite une résolution allégée. Alors qu'il avait laissé entendre jeudi qu'il était favorable à l'envoi d'observateurs en Syrie, l'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, a déclaré ce vendredi qu'il restait «encore beaucoup de travail», éloignant l'espoir d'une action rapide. La Russie, dernier allié de Bachar al-Assad au Conseil de sécurité de l'ONU, «marchande sur chaque phrase» du texte proposé par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, a indiqué un diplomate assistant aux négociations. Vitali Tchourkine, qui reproche au texte d'être trop exhaustif, aurait souhaité une courte résolution pour «envoyer quelques hommes sur le terrain» mais pas un mandat exact de la mission. Pour les Occidentaux, il est nécessaire que legouvernement laisse la mission circuler «sans entraves et immédiatement» dans tout le pays et garantisse la confidentialité des communications des observateurs entre eux et avec le siège de l'ONU. Les deux précédents projets de résolution ont échoué après des vetos de la Russie et la Chine.
Six civils tués, selon une ONG. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) fait état vendredi soir de la mort de quatre manifestants tués par les forces de sécurité à Hama (centre), ainsi que dans les régions d'Idleb (nord-ouest) et de Deraa (sud). Deux autres civils ont péri, l'un dans la banlieue de Damas par des tirs des troupes et l'autre à Homs (centre) par des obus, selon l'OSDH. Deux militaires ont en outre été tués à Alep (nord) et Hama. De son côté, l'agence officielle Sana a fait état de quatre morts tués par des «groupes terroristes». Le cessez-le-feu a par ailleurs été mis à mal par des combats entre militaires et déserteurs dans la région d'Idleb, à la frontière turque, selon la même ONG basée au Royaume-Uni. Mais aucune victime n'est à déplorer dans cet accrochage. Jeudi, l'OSDH a fait état de 10 morts, dont sept civils. Un bilan qui marque une nette rupture avec ces derniers mois, au cours desquels plusieurs dizaines de morts étaient recensées quotidiennement.
Vidéo. Manifestation à Kernaz dans la province de Hama
(Vidéo YouTube diffusée par Al-Jazira)
Un million de Syriens manquent de tout. «Il est extrêmement important d'ouvrir la voie à une aide humanitaire massive aussi rapidement que possible», a déclaré le général norvégien Robert Mood, à la tête d'une mission technique de l'ONU, affirmant qu'un million de Syriens étaient privés de nourriture, de couvertures, d'eau. Mais il y a aussi un besoin de reconstruction. «Les destructions sont tellement importantes dans certaines de ces villes qu'écoles, cliniques, institutions publiques sont totalement démolies et doivent être reconstruites», a-t-il dit lors d'un point de presse. Il n'avait pas encore rejoint la Syrie ce vendredi. La Turquie a commencé à recevoir de l'aide internationale pour les réfugiés sur son territoire. Moscou, grand allié de Damas, va déployer «en permanence» des navires de sa flotte près des côtes syriennes, a indiqué l'agence d'Etat Ria Novosti.
Les Etats-Unis fournissent une «assistance matérielle» mais pas d'armes. Un haut-responsable américain a indiqué à l'AFP que Washington aidait les contestataires syriens : «Cette assistance, surtout des fournitures médicales et des appareils de communication, comprend des équipements dont l'opposition syrienne a indiqué qu'ils lui seraient utiles pour aider les civils dans le besoin et s'organiser face à la brutalité et la violence en cours de la part du régime».
«Il est probable que ces livraisons d'aide vont augmenter à l'avenir», a assuré ce responsable, précisant bien qu'il ne s'agit pas d'armes.
La France évoque une aide pour les réfugiés syriens en Jordanie. L'ambassadeur de France en Syrie, Eric Chevallier, s'est rendu vendredi à Ramtha dans le nord de la Jordanie pour «rencontrer des Syriens qui ont été contraints de fuir leur pays et leur témoigner de la solidarité de la France». Quelque 2 500 Syriens fuyant leur pays, dont des déserteurs de l'armée, sont arrivés cette semaine en Jordanie, selon l"Association du Livre saint et de la Tradition du prophète, une ONG jordanienne qui précise venir en aide à 25.000 réfugiés syriens dans le pays. Le haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) a pour sa part enregistré entre 5 000 et 8 000 réfugiés.
Turquie et Arabie Saoudite coordonnent leur politique. Le roi Abdallah d'Arabie saoudite et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, très critiques du régime de Damas, se sont concertés vendredi sur la crise syrienne. Ces deux pays sunnites sont sceptiques quant au respect du cessez-le-feu par Damas. Aussi examinent-t-il «les alternatives à un échec du plan de Kofi Annan», a déclaré le président du Gulf Research Center, le Saoudien Abdel Aziz al-Saqr. Parmi ces options, il a cité «une aide à apporter à l'opposition syrienne pour qu'elle puisse se défendre, y compris la possibilité de lui fournir des armes». Jeudi, l'Otan, l'Alliance atlantique à laquelle appartient la Turquie, a affirmé qu'elle prenait «très au sérieux» la protection de ses Etats membres.
Le plan Annan
Sarkozy : «Je ne crois pas à la sincérité de Bachar al-Assad»
«Je ne crois pas à la sincérité de Bachar al-Assad, je ne crois pas malheureusement au cessez-le-feu, a confié vendredi matin le chef de l'Etat français sur i-Télé. Je pense, et c'était l'objet de la discussion que nous avons eue avec Barak Obama hier (jeudi) soir, qu'il faut absolument déployer des observateurs, au minimum pour que l'on sache ce qui se passe».
«Il faut savoir que la ville de Homs, qui est la propre ville de la femme de Bachar al-Assad, a été martyrisée. (Il faut) des observateurs pour savoir ce qui se passe et je suis convaincu que la communauté internationale devra prendre ses responsabilités et créer les conditions de corridors humanitaires pour que les malheureux qui sont aujourd'hui massacrés puissent échapper à un dictateur», a ajouté Nicolas Sarkozy.
Lors d'une vidéoconférence jeudi après-midi, les présidents américain et français ont exhorté les autorités syriennes à respecter «scrupuleusement et inconditionnellement» leurs engagements. Le régime et l'opposition ont accepté de respecter un cessez-le feu à compter de jeudi, à la suite de l'intervention de Kofi Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe.
«Je ne crois pas à la sincérité de Bachar al-Assad, je ne crois pas malheureusement au cessez-le-feu, a confié vendredi matin le chef de l'Etat français sur i-Télé. Je pense, et c'était l'objet de la discussion que nous avons eue avec Barak Obama hier (jeudi) soir, qu'il faut absolument déployer des observateurs, au minimum pour que l'on sache ce qui se passe».
«Il faut savoir que la ville de Homs, qui est la propre ville de la femme de Bachar al-Assad, a été martyrisée. (Il faut) des observateurs pour savoir ce qui se passe et je suis convaincu que la communauté internationale devra prendre ses responsabilités et créer les conditions de corridors humanitaires pour que les malheureux qui sont aujourd'hui massacrés puissent échapper à un dictateur», a ajouté Nicolas Sarkozy.
Lors d'une vidéoconférence jeudi après-midi, les présidents américain et français ont exhorté les autorités syriennes à respecter «scrupuleusement et inconditionnellement» leurs engagements. Le régime et l'opposition ont accepté de respecter un cessez-le feu à compter de jeudi, à la suite de l'intervention de Kofi Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe.
VIDEO. Alain Juppé veut le déploiement d'observateurs en Syrie
VIDEO. L'ONU veut envoyer une mission technique en Syrie
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