NEW YORK - Les forces syriennes ont tué samedi six civils et bombardé la ville de Homs, tandis que le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé à l'unanimité l'envoi d'observateurs pour surveiller le fragile cessez-le-feu.
Le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité de ses 15 membres la résolution 2042, la première sur la Syrie, autorisant le déploiement d'ici quelques jours d'une équipe avancée de 30 observateurs non-armés. La mission complète devrait compter 250 hommes, selon l'ONU.
Les premiers observateurs arriveront sur place dimanche, a annoncé un porte-parole des Nations unies.
Moscou et Pékin, qui avaient bloqué des résolutions précédentes du Conseil, ont donné leur accord après de difficiles tractations.
Mais au troisième jour du cessez-le-feu instauré conformément au plan de l'émissaire international Kofi Annan, le régime et les opposants continuent de s'accuser de violer la trêve, même si l'intensité des violences n'est pas comparable aux derniers mois où les victimes se comptaient chaque jour par dizaines.
Dans l'incident le plus meurtrier depuis la trêve, les forces de sécurité ont tué quatre civils à Alep (nord), deuxième ville du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "De quel respect du cessez-le-feu parlent-ils? Le régime continue de tuer le peuple!" s'est insurgé Mohammad al-Halabi, un militant dans la ville.
Les troupes ont aussi abattu un civil à Dmeir dans la province de Damas et bombardé plusieurs quartiers de Homs (centre) où un civil a péri, selon l'ONG. Parallèlement, deux membres des forces de sécurité sont morts dans une attaque à Deraa (sud).
A l'ONU, l'ambassadrice américaine Susan Rice a estimé peu après le vote de samedi que le regain de violence "fait douter à nouveau sérieusement de la volonté du régime" de Bachar al-Assad de respecter le cessez-le-feu. "Le régime syrien doit respecter tous ses engagements, pas seulement le minimum, et il doit le faire immédiatement", a-t-elle ajouté.
De son côté, la France s'est félicitée de l'adoption de la résolution. "Nous espérons qu'elle marque un tournant vers une sortie de crise en Syrie et qu'elle ouvre la voie à une cessation totale des violences", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, dans un communiqué.
Et Londres a "salué" l'adoption de la résolution, appelant le régime syrien à respecter leur liberté de mouvement.
Contrairement aux mois précédents, les médias d'Etat rapportent depuis jeudi une grande partie des incidents signalés par les militants, les attribuant systématiquement à des "groupes terroristes armés" accusés de vouloir "saboter le plan Annan".
De nouvelles manifestations ont en outre eu lieu dans plusieurs villes. Ce type de rassemblements étaient brutalement réprimés ces derniers mois.
Les militants pro-démocratie ont appelé samedi sur leur page Facebook "Syrian Revolution 2011" à une "semaine de la révolution des Syriens". M. Assad est le seul chef d'Etat contesté dans la foulée du Printemps arabe toujours au pouvoir.
L'opposition a dit ne pas être rassurée quant à l'application du plan Annan, qui cherche à mettre fin à la répression depuis un an d'une révolte populaire, qui a fait plus de 10.000 morts selon l'OSDH.
"La présence d'observateurs va réduire les tueries sans aucun doute, mais comment 30 observateurs peuvent-ils travailler sur toute la Syrie?", s'est interrogé Samir Nachar, un responsable du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition.
La résolution adoptée samedi exige des garanties du régime Assad sur la sécurité des observateurs, leur liberté de mouvement qui doit être "entière, sans entrave et immédiate" et la confidentialité de leurs déplacements, ce que les Russes avaient contesté.
Finalement, Moscou a estimé que "des changements importants ont été faits pour rendre le texte plus équilibré", a indiqué son ambassadeur à l'ONU Vitali Tchourkine.
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