Emissaire de Hollande au Mexique : pour Sarkozy, Florence Cassez «mérite mieux»
Nicolas Sarkozy, réagissant samedi à l'envoi d'un émissaire de François Hollande au Mexique, a dit espérer que l'initiative "ne portera pas préjudice" à Florence Cassez "qui mérite mieux que d'être utilisée d'une façon aussi basse".
L'envoi d'un émissaire de François Hollande au Mexique a déclenché samedi la colère de l'entourage de Florence Cassez et provoqué une violente polémique entre le PS et l'UMP à une semaine du premier tour de l'élection présidentielle. L'ancien ministre socialiste Michel Vauzelle doit se rendre ce samedi au Mexique, comme émissaire du candidat PS à l'Elysée François Hollande notamment pour «réparer le climat» créé par l'affaire Florence Cassez.
Toute la matinée, l'entourage du candidat PS a tenté de déminer les accusations d'opportunisme électoral assurant que ce déplacement de Michel Vauzelle s'inscrivait «dans le seul cadre» de la préparation d'un sommet du G20 en juin, et qu'il ne fallait y voir «aucune initiative parallèle» dans l'affaire Florence Cassez. «Je m'y rends uniquement pour des raisons diplomatiques et de politique internationale. Il ne s'agit en aucun cas de Florence Cassez», a ainsi affirmé Michel Vauzelle alors qu'il s'apprêtait à prendre l'avion. Un peu plus tôt, le PS assurait que François Hollande, «qui soutient Florence Cassez et son combat, a toujours affirmé son respect et sa confiance dans les institutions mexicaines et sa justice indépendante. Aucune initiative parallèle, directe ou indirecte, politique ou diplomatique n'a été engagée», est-il ajouté dans un communiqué. «Ce déplacement ne saurait donc laisser place à une interprétation malheureuse ou partisane».
Pour Sarkozy «Florence Cassez mérite mieux»
A droite, la visite de Michel Vauzelle est au contraire dénoncée comme une visite «électoraliste» et «opportuniste». «J'espère que l'initiative des socialistes ne portera pas préjudice à Florence, que j'ai au téléphone très régulièrement et qui mérite mieux que d'être utilisée d'une façon aussi basse», a répliqué Nicolas Sarkozy le président-candidat de l'UMP lors d'un déplacement de campagne dans le Val-de-Marne, dénonçant aussi un manque «d'humanité» du camp rival pour la présidentielle.
Alain Juppé, le ministre des Affaires Etrangères s'est dit «scandalisé par cette initiative» n'y voyant qu'«une instrumentalisation politique et électorale» de la situation de Florence Cassez a huit jours du premier tour de l'élection présidentielle.
«En envoyant un émissaire, Michel Vauzelle, au Mexique dans l'unique objectif de critiquer les initiatives du président de la République pour obtenir la libération de Florence Cassez, Francois Hollande ne démontre pas seulement son ignorance totale des dossiers internationaux, a renchéri dans un communiqué Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du président-candidat de l'UMP. Il prouve aussi sa capacité à fouler au pied le combat d'une famille et le respect de nos valeurs par pur opportunisme électoral»
Les proches de Florence Cassez dénoncent une «initiative totalement électoraliste»
Furieux de cette démarche, l'avocat de la Française, condamnée à 60 ans de prison au Mexique pour des enlèvements qu'elle continue de nier, a dénoncé une «initiative totalement électoraliste» et évoqué le «rétropédalage» de l'équipe de Hollande.
«Hollande est en train de mettre au premier plan Florence Cassez dans la campagne présidentielle française, dans le dos de Florence Cassez, de ses parents, de sa défense», avait-il estimé dans un premier temps. «Pourquoi maintenant, quelle est l'urgence ?", s'est interrogé Me Berton, qui a accusé le candidat du PS de «sacrifier Florence Cassez en envoyant un émissaire dans une affaire qu'il ne connaît pas».
Arrêtée en novembre 2005, accusée d'enlèvements, délinquance organisée et port d'armes prohibé, la Française de 37 ans a été condamnée par la justice mexicaine à 60 ans de prison. Le président sortant Nicolas Sarkozy s'est fortement impliqué pour obtenir sa libération. La première chambre de la Cour suprême du Mexique a rejeté le 21 mars une proposition de libération immédiate de Florence Cassez, mais elle a nommé un nouveau rapporteur sur ce dossier.
La mère de Florence Cassez «en colère»
«Je ne suis ni pro Sarkozy ni pro Hollande, je suis un avocat indépendant», a poursuivi Me Berton, qui a toutefois souligné que le chef de l'Etat a soutenu pendant cinq ans la jeune Nordiste. «Je suis en colère», a déclaré la mère de Florence, Charlotte Cassez, pour qui, «le 21 mars, il y a eu une décision au Mexique extrêmement importante, qui a ouvert une brèche. La France n'a pas à s'en mêler». Bernard Cassez, le père, s'est déclaré «surpris» de cette démarche. Il a estimé que sa fille ne devait pas faire «l'objet d'une campagne électorale».
«Qu'on ne se serve pas de ma cliente à une semaine du premier tour de la présidentielle», a ajouté l'avocat Frank Berton, soulignant que le député socialiste de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg doit rencontrer mardi les familles de deux otages français enlevé au Niger en janvier 2011, dossier dans lequel Me Berton intervient également. «Et dans l'affaire du Carlton, ils envoient qui ?», a ironisé l'avocat de Florence Cassez.
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