vendredi 13 avril 2012

Dioncounda face à son destin


Malgré le transfert de pouvoir, ce jeudi, à Dioncounda Traoré, le Mali fait toujours face à la situation au nord et la nécessité de restaurer la paix dans la perspective de nouvelles élections





« J’aurais préféré certes m’adresser à vous…en des circonstances moins dramatiques ! ». C’est par ces mots que le nouveau président par intérim a campé le décor de son discours d’investiture qui a pris une quinzaine de minute, dans une salle archi comble au centre international de conférence de Bamako.

Ce premier discours à la nation de Dioncounda Traoré était en partie consacré au Nord. Visiblement, la priorité est la gestion de cette crise, par ailleurs point principal de l’Accord-Cadre. Dioncounda Traoré dit avoir deux options : entamer des discussions ou relancer l’armée pour aller combattre et reprendre les régions, les villes de Tombouctou, de Gao et de Kidal, tenues par les différents groupes rebelles. Traoré, appuyé par les militaires et la Cédéao veulent aller vite.

Le nouveau chef de l’état par intérim du Mali a été très ferme, il n’a nullement écarté l’hypothèse d’une intervention militaire. « J'ai conscience d'être le président d'un pays en guerre, le président d'un pays qui aime la paix et qui appelle tous nos frères et sœurs des mouvements rebelles à revenir sous l'arbre à palabres. Mon vœu est que cet appel soit entendu par le mouvement  national de libération de l'Azawad et Ansar Dine. Nous n'hésiterons pas à mener une guerre totale et implacable pour recouvrer notre intégrité territoriale. Le Mali restera un et indivisible. Ce sera le même drapeau, les mêmes joies, les mêmes peines, le même Mali. »

Il a mentionné la menace qui plane sur le Mali du point de vue de sa laïcité et de sa démocratie. « Toutes les nations ont leurs moments difficiles et le Mali qui vient de fêter son cinquantenaire, il y a de cela moins de deux ans n’a jamais connu de moments plus difficiles », s’est-il exclamé. D’où, pour lui, aucune volonté n’est de trop pour amener l’Etat, le Pays et à la Nation à surmonter les graves épreuves de l’heure. « Je ne me déroberai ni à mon destin ni à mes responsabilités. Il ne saurait y avoir pour moi que le Mali, qu’un Mali ressaisi, un Mali réunifié territorialement, humainement et spirituellement ».

L’on est en droit de s’interroger sur quel levier jouera le nouveau chef de l’Etat pour réaliser cet ambition. Parlant des menaces sécuritaires au nord du pays, le remplaçant d’ATT dit préférer la paix. « Si la guerre est la seule issue nous la ferons. Nous la ferons avec notre armée remise en condition et en confiance. Elle se battra entre les dunes, elle se battra sur les collines et dans la plaine et nous serons tous derrière elle jusqu’à la victoire finale celle du Mali qui a recouvré tout son territoire et retrouvé sa laïcité ». Il n’a pas occulté la position de la Cedeao qui a déjà déclaré avoir mis en stand-by une force d’interposition de 2000 ou 3000 soldats environ.

Le président par intérim a déjà annoncé que ces nouvelles instances devront également plancher sur les prochaines élections. Sans donner de calendrier, le chef de l’État veut revoir toute la procédure afin que le Mali dispose d’un fichier électoral crédible et que ces scrutins soient organisés sur tout le territoire.

Enfin, Dioncounda Traoré veut aider la population qui souffre de la crise à laquelle s’ajoute un risque de pénurie alimentaire car les récoltes ont été très mauvaises cette année au Mali. Dans ce scénario, il ne saurait aussi oublier la crise humanitaire, avec l’UNHCR qui a compte au 4 avril déjà plus de 200.000 réfugiés échappés au Burkina Faso et à la Mauritanie.

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