mercredi 11 avril 2012

Damas promet de respecter l'ultimatum de l'ONU


Damas promet de respecter l'ultimatum de l'ONU

Capture d'une vidéo de l'opposition montrant des soldats syriens autour de cadavres d'insurgés.
Capture d'une vidéo de l'opposition montrant des soldats syriens autour de cadavres d'insurgés. Crédits photo : -/AFPLe régime a annoncé pour jeudi matin la fin de ses opérations militaires, jour de l'ultimatum fixé par l'ONU pour un cessez-le-feu total. Mais la Syrie a prévenu que ses forces répondraient à toute attaque «terroriste».
La Syrie pourra faire jeudi matin la démonstration de sa bonne volonté. Damas a promis mercredi après-midi de respecter l'ultimatum de l'ONU et de cesser ses opérations armées dès 6 heures, heure locale. «Après que nos forces armées ont mené à bien leur mission de combattre les actions criminelles des groupes terroristes et d'affirmer le contrôle de l'Etat, elles décident de mettre fin à cette mission à partir de jeudi matin», a indiqué le ministère de la Défense syrien. Il a toutefois érigé aussitôt des garde-fous. L'armée sera prête «à répondre à toute agression des groupes terroristes armés». Les insurgés doivent eux aussi déposer leurs armes jeudi. Les rebelles ont d'ailleurs répété à plusieurs reprises qu'ils respecteraient les délais fixés par le plan.
Kofi Annan a voulu y voir une chance pour son plan. «Si tout le monde respecte le cessez-le-feu, je pense qu'à partir du jeudi 12 avril, nous devrions voir une nette amélioration de la situation sur le terrain», a-t-il déclaré lors d'une visite à Téhéran, grand allié de Damas. La Russie, autre soutien du régime de Bachar el-Assad, a dit prendre acte de la promesse de Damas, estimant que c'était désormais «au tour de l'opposition armée» de se conformer au cessez-le-feu.

Plusieurs opérations sont toujours en cours

Plus circonspects, les États-Unis ont prévenu qu'ils jugeraient le régime syrien sur «ce qu'il fait, pas ce qu'il dit. En effet, à quelques heures de la date fatidique, les combats n'ont toujours pas cessé sur le terrain entre l'armée et les insurgés. Le régime de Bachar el-Assad a mené mercredi plusieurs opérations. L'armée syrienne s'est massivement déployée dans Homs, Deraa, Alep et Deir Ezzor. Onze civils ont péri, affirme l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). A la frontière turque, pour la deuxième fois cette semaine, des tirs des forces syriennes ont atteint tôt un camp de réfugiés cette fois sans faire de victimes. Une première volée de tirs lundi avait fait six blessés et tendu les relations entre Damas et Ankara.
Avant cette annonce syrienne de mercredi, plusieurs pays occidentaux avaient exprimé leur lassitude face aux louvoiements de Damas, qui semblait à tout prix vouloir gagner du temps. Au lieu de retirer mardi ses chars, le régime les déplaçait , violant la première étape du plan Annan. Défiante, l'ambassadrice américaine Susan Rice, dont le pays préside le Conseil de sécurité de l'ONU en avril, a prôné «une action collective» pour accentuer la pression sur Damas, en cas de non-respect du cessez-le-feu. Le chef de la diplomatie britannique William Hague a suggéré de «porter l'affaire devant la Cour pénale internationale» (CPI) afin que les dirigeants syriens répondent de leurs exactions. Même Pékin a fait part de ses réserves. La question d'»une issue politique du dossier syrien arrive à un stade critique», a commenté la diplomatie chinoise. Se disant «profondément inquiète des violences, elle appelle «le gouvernement syrien à appliquer le plan de Kofi Annan».

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