jeudi 19 avril 2012

Benneteau avec le soleil


Avec les bons cuisiniers de la balle, il vaut mieux éviter de leur laisser le temps de mijoter leur plat. Pour contrer la belle main de Marcel Granollers, Julien Benneteau cherche donc le bon équilibre et le trouve (6-3, 3-6, 6-2 en 2h09') pour rejoindre Jürgen Melzer au deuxième tour. Jusqu'à 6-3, 3-2 service à suivre, le Bressan dicte le jeu, prend l'initiative et ne laisse pas l'Espagnol installer ses schémas de jeu de terrien. Agressif sans précipitation, il contrôle. Tout en s'appuyant sur une bonne qualité de première balle (75% au total), il enchaîne les montées sans en abuser et attaque la moindre balle courte. Mais son jeu est aussi précis que la météo marine. Avec le soleil, tout va bien. Avec la pluie, ça grince.

Quand la pluie arrive à 1-0 au deuxième set puis le tonnerre gronde au loin à 3-2, il perd le nord et le 25e mondial commence sa tambouille d'amorties. « Je varie moins, je joue dans des schémas un peu trop stéréotypés, je me tends un petit peu. Les conditions étaient de plus en plus difficiles. Il pleuvait, la terre et les balles étaient de plus en plus lourdes. J'ai voulu forcer pour essayer d'avoir une meilleure qualité de balles et cela a fait l'effet inverse, analyse le 31e mondial. De son côté, sa balle giclait mieux, il prenait le contrôle de l'échange, il faisait des amorties très bien touchées car il a une très bonne main. »
 
« Oui j'ai envie d'aller aux Jeux, mais je me concentre sur mon travail. S'il y a la cerise sur le gâteau à la fin, on la croquera. Mais je reste concentré sur les moyens d'y arriver, pas sur la finalité. »Après la perte de la deuxième manche, Julien Benneteau revoit le soleil et retrouve son allant. Comme au premier set, il prive de temps son adversaire qui ne peut plus mijoter ses petits plats en toucher. La prime à l'offensive paie avec 24 points sur 30 montées à l'image de la balle de match. « Sur terre, il faut trouver le juste milieu entre être patient pour construire son point et ne pas jouer contre nature. Il faut créer du jeu et aller vers l'avant, explique le Français qui utilise à bon escient la préparation de la Coupe Davis. J'ai réussi à le faire face à un adversaire qui a une belle main et qui ne lâche rien. A la fin, je me suis montré très agressif pour aller chercher le match. Je suis allé au filet pour l'empêcher de jouer. »

Le protégé de Loïc Courteau ne regarde que les moyens et ne va pas entendre parler de la course à la qualification pour les Jeux Olympiques. « Oui j'ai envie d'aller aux Jeux, mais je me concentre sur mon travail. J'essaie de gagner le plus de matches possibles, de me préparer le mieux possible, d'être le plus en forme possible. S'il y a la cerise sur le gâteau à la fin, on la croquera, résume le 31e mondial qui a surmonté sa petite phase de décompression survenue à Memphis et à Indian Wells. Mais je reste concentré sur les moyens d'y arriver, pas sur la finalité.» Alors il se donne les moyens. Pendant les quinze premiers jours de sa tournée sur terre, il continue sa préparation physique en marge de ses matches et il aménage son calendrier pour garder la flamme.
S. D., à Monte-Carlo

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